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Soldes Hiver

Fort impact des attentats sur le démarrage des soldes d’hiver à Montpellier

Publiée le jeudi 29 Janvier 2015 - Commerce

Une enquête de la Direction de l’Action Territoriale et des Etudes Economiques de la CCI de Montpellier sur l’activité commerciale en centre-ville de Montpellier durant le mois de décembre 2014 et au démarrage des soldes d’hiver 2015.

Activité commerciale sur le mois de décembre 2014

Rappel du contexte économique national en décembre 2014 :

  • le climat des affaires est quasi stable dans le commerce de détail (-1 point) (Insee)
  • la confiance des ménages augmente légèrement +2 points mais reste cependant nettement en-dessous de la moyenne (Insee)
  • les chiffres d’affaires du commerce de détail sont en légère hausse par rapport à novembre (+0,5%) (Banque de France)
  • le contexte économique en France reste difficile (Insee).
  • Il fait trop chaud pour… dépenser. Les dépenses de consommation des ménages français en biens ont chuté 

Les Français prévoient de consacrer 518 euros à leurs dépenses de Noël cette année. Une prévision en baisse de 4,5 % par rapport à l’an dernier, selon une étude du cabinet Deloitte. En cause: la crise, bien sûr, et la crainte d’un avenir économique morose.

Les résultats d’un sondage réalisé par Viavoice pour BPCE, Le Monde et France Info montraient que pour Noël 2014, 53 % des Français envisageaient de dépenser moins qu’en 2013, seuls 6 % se préparent à dépenser davantage, la facture devant rester stable pour 39 % des personnes interrogées. Une morosité qui incite les enseignes à multiplier les opérations de promotions.

Globalement, les Français se montrent assez inquiets quant à l’évolution de leur pouvoir d’achat.

En centre-ville de Montpellier comme au niveau national, l’activité ne s’est pas réellement redressée sous l’impulsion des achats de fin d’année

42% des commerçants jugent que l’activité commerciale des fêtes de fin d’année 2014 en centre-ville de Montpellier a été moins bonne qu’un an auparavant (ils étaient 45% fin 2013), 29% ont perçu une activité aussi bonne et 29% une activité meilleure qu’un an plus tôt. Cette approche générale est à relativiser selon les secteurs d’activité. Dans l’équipement de la personne l’aspect négatif est particulièrement plus important. Les autres secteurs ont davantage profité de cette période (alimentaire, culture/loisirs, divers) qui est plus propice à ce type d’achat.

Le jugement sur la période est confirmé par la perception de l’évolution du chiffre d’affaires et de la fréquentation.

Pour expliquer ce constat, les commerçants mettent en avant la conjoncture difficile et la baisse de pouvoir d’achat (24 citations), en second lieu ils mettent en avant les difficultés d’accessibilité et de stationnement donc de fréquentation du centre-ville (21 citations), puis les phénomènes de concurrence (Internet, Périphérie, …) (10 citations) et enfin l’insécurité et les incivilités (SDF, …) (6 citations).

Les « promotions » et autres offres commerciales ont été utilisées par 35% des commerçants principalement en non alimentaire car, sans surprise, l’alimentaire qui réalise son chiffre d’affaires pendant cette période ne recourt que très peu à ces événements commerciaux. Les effets positifs des « promotions » l’emportent majoritairement pour ceux qui les ont réalisés (72%), car avec l’effet crise qui perdure les clients sont en perpétuelle recherche de prix bas et ces opérations permettent de « faire venir le client, de booster les chiffres d’affaires et de limiter la casse ». Les opérations de promotion répondent aux attentes de la clientèle, mais revers de la médaille, le consommateur n’a plus de repère sur le « juste prix » et les événements commerciaux.

D’une manière générale 57% des commerçants estiment qu’Internet est un concurrent Important voire très important (51% fin 2013). Les commerçants mettent en avant la facilité d’achat qui permet de contrer les difficultés d’accès et de stationnement au centre-ville.

Activité commerciale au démarrage des Soldes d’hiver 2015

Rappel du contexte national au niveau des soldes d’hier 2015 :

Depuis le 7 janvier 2015 :

  • Malgré de fortes démarques proposées dès le premier jour des soldes d'hiver, l'affluence est restée calme dans les boutiques.
  • Des enseignes agressives, mais des acheteurs encore frileux. Selon un premier bilan des soldes d'hiver fait par la Chambre de Commerce de Paris, la fréquentation dans les magasins parisiens a reculé de 10% pour le premier week-end de soldes.
  • Les soldes d'hiver ont démarré assez timidement mercredi, sans provoquer d'euphorie dans les magasins, alors qu'internet semblait au contraire susciter davantage d'attraction parmi les consommateurs.
  • A la mi-journée, l'activation du Plan Vigipirate renforcé à la suite de l'attentat commis contre Charlie Hebdo, a conduit à un renforcement des mesures de sécurité dans les principaux points de vente. Entre émotion et inquiétude, les Français ont déserté les boutiques. Pénalisées par les attentats, les enseignes avancent la deuxième démarque.
  • Mais «les gens n'ont pas la tête à cela.» De l'aveu unanime des commerçants, notamment franciliens, les attentats terroristes qui ont endeuillé notre pays ont largement perturbé le début des soldes.

Entre morosité, émotion et inquiétude du chaland, le démarrage des soldes n’a pas fait recette

Pour 82% des commerçants, les événements qui se sont déroulés en France et à Montpellier (prise d’otage dans une  bijouterie) la semaine du 5 janvier ont eu un impact négatif sur l’activité pendant le démarrage des soldes d'hiver. Ainsi, malgré un taux de démarque moyen de 35%, similaire à celui de l’année dernière pour 72% des commerçants, le client était rare. La fréquentation lors du démarrage a été moins bonne pour 75% des commerçants.

Même si 23% des commerçants ont effectué des ventes privées, pré-soldes, ...., avant le 7 janvier, l’impact n’a pas été au rendez-vous.

Seuls 18% des commerçants ont ouvert le 1er dimanche des soldes (11 janvier) et ils sont 84% à juger la fréquentation mauvaise en grande partie à cause des événements et de la conjoncture.

Enfin, même si une majorité de commerçants (62%) est satisfaite de la date unique de démarrage des soldes (7 janvier), cela n’est pas un plébiscite car 38% trouvent que cela est trop tôt après les fêtes de fin d’année. Ils sont par contre 67% à ne pas être satisfaits par l’allongement de la période à 6 semaines et pensent que cela n’est pas une bonne chose.

Les commerçants locaux dressent un constat sans appel comme cela a été le cas au niveau national. Les attentats ont eu une forte répercussion et à cela s’est ajoutée encore une fois la multiplication des bonnes affaires tout au long de l’année qui continuent de diluer l’effet solde et une météo défavorable avec des températures trop élevées.

Méthodologie :

Enquête entre le 16 et le 23 janvier 2015 par mail auprès de 600 commerçants, sur une base représentative de 104 retours exploitables à ce jour (85% d’indépendants et 15% de succursalistes).

Contact presse : Véronique Miramond
Tél. 04 99 515 366
v.miramond@montpellier.cci.fr
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