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Pacte productif 2025

#PacteProductif : propositions issues de la consultation des entrepreneurs

Voici certains des signaux positifs qu'ont fait remonter les chefs d'entreprise sollicités par le réseau des Chambres de Commerce et d'Industrie.

60 CCI, couvrant la diversité des réalités économiques de notre pays, ont, en effet, déployé en ligne, de juillet à septembre 2019, un questionnaire national unifié. Trois champs ont été particulièrement explorés : l'industrie ; l'innovation ; le numérique. Considérés comme transversaux, les enjeux environnementaux ont été inclus dans chacun d'entre eux.

Près de 900 entrepreneurs ont pris la parole. Nous reproduisons ici certaines de leurs observations. Les propositions qu'ils font sont concrètes et prennent appui sur leur quotidien. Elles sont prioritaires.

Cette approche micro-économique permet de compléter ou d'affiner les 28 propositions formulées par notre réseau en juillet 2019 dans le droit fil des axes de travail identifiés par le Conseil National de l'Industrie. Elle donne également corps aux résultats de la Grande Consultation Nationale des Entrepreneurs conduite par CCI France à l'occasion de laquelle en juillet et septembre, un échantillon représentatif de 600 chefs d'entreprise a été plus particulièrement interrogé sur les freins et leviers pour accélérer l'innovation.

Ces propositions sont également un apport à la contribution collective pour faire du Pacte Productif un « Pacte qualitatif ».

 

 

Les PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS de la CONSULTATION et les PROPOSITIONS

 

La TRANSFORMATION DIGITALE, OUI, mais chacun son RYTHME

La transformation digitale dans le B to B, qui transforme la manière de produire, d’innover et de vendre, est un mouvement de fond. Pour autant, au regard de cette profonde mutation, on voit se dessiner deux types de profils d’entrepreneurs : Les promoteurs, convaincus que l’Industrie du Futur et la mise en œuvre des innovations de rupture sont leur avenir, ils attendent des pouvoirs publics que les stratégies déployées leur permettent d’aller encore plus vite et plus loin.

Les avertisseurs, pour eux, la prise en main du numérique demande du temps et impose de ne pas négliger le facteur humain.

Tel un signal d’alerte, 31% des répondants (dont 44% des dirigeants d’entreprises du commerce) déclarent n’être ni « acteur » ni « partie prenante » du numérique. Cette proportion doit susciter de la part des pouvoirs publics et des réseaux d’accompagnement, dont les CCI, la plus grande attention. Elle contient des germes de fracture compétitive dans un secteur d’activité qui a été fragilisé récemment par le mouvement des Gilets Jaunes comme le soulignent nos études sur les conséquences du mouvement effectués depuis décembre 2018.

Par leur finalité le Pacte productif comme la politique Territoires de l’industrie répondront à ce risque de fracture en intégrant les objectifs de la stratégie Industrie du Futur. Cette dernière par effet d’accroissement de productivité tend progressivement à la relocalisation d’activités productives et donc nécessite le renforcement des systèmes productifs locaux.

La PÉNURIE de COMPÉTENCES, frein majeur au DÉVELOPPEMENT et à l'INNOVATION

Tout comme l'indiquaient déjà les résultats quantitatifs de la Grande Consultation des chefs d'entreprise en juillet 2019, les chefs d'entreprise déplorent les freins que sont le caractère trop contraignant de certains cadres réglementaires, la difficulté à recruter les compétences nécessaires et le coût élevé du travail.

La résistance au changement en interne (selon près d'un répondant sur 2) et la difficulté à accéder à un accompagnement dans cette transition (41% des répondants)

Pour les industriels tout particulièrement, l’inadéquation entre l’offre et les besoins en compétences est un sujet de préoccupation permanent. « Sur 250 collaborateurs, j’ai 22 postes ouverts depuis plusieurs mois sur lesquels je ne trouve pas de candidats » témoigne un chef d’entreprise lors de l’atelier-débat s’étant tenu à Cergy le 18 septembre 2019.

Cet état de faits tient, selon eux, à des formations parfois décorrélées des besoins du marché : « L’école propose aujourd’hui des formations pour les métiers de l’industrie de demain. Mais elle a délaissé les formations pour l’industrie d’aujourd’hui ». « Beaucoup d’ingénieurs et pas assez de techniciens ».

Si les entrepreneurs souhaitent que l’école s’ouvre davantage au monde de l’entreprise, ils sont aussi très nombreux à considérer qu’ils ont aussi leur part du chemin à faire pour fluidifier les relations entre ces deux univers.

Par ailleurs, même au sein des acteurs et usagers du numérique, c’est le poste de commercial qui est le plus largement perçu comme compliqué à pourvoir (38% des citations) ; viennent ensuite celui des développeurs informatiques (plus d’un quart de cette sous-population ont des difficultés à en recruter) et ceux des nouveaux métiers de la Data et de l’Intelligence Artificielle (22% des citations).

Les AIDES publiques à l'innovation : lesquelles ? pour qui ? qui fait quoi ?

Un déficit d'information sur les dispositifs d'aide est pointé par les TPE. Elles sont près de 80% à le souligner contre 59% pour les entreprises de 10 à 49 salariés et 69% chez les 50 salariés et plus.

En revanche aucune différence significative n'existe concernant leur perception de la complexité de ces dispositifs. Les chefs d'entreprise sont également unanimes à regretter de ne pas disposer de référent unique et identifiable sur ces sujets.

En outre, « l'effet Paretto » dans la captation des aides « taillées sur mesure pour les grands groupes » (chef d'entreprise de moins de 10 salariés dans la construction en Ile-de-France) est une nouvelle fois rappelé par les contributeurs au débat.

Economie circulaire : il y aurait tout à gagner à faire circuler

En la matière, la réalité se heurte à l’insuffisante visibilité des dispositifs d’accompagnement (43% des citations) et de façon plus pragmatique à la méconnaissance des possibilités de collaboration de proximité inter-entreprises (42% des citations). Soulignons néanmoins combien les préoccupations liées à la transition énergétique sont fortes.

« Oeuvrons pour développer une production durable de biens de grande consommation de qualité à prix compétitif à partir de technologies respectueuses de l’environnement et de l’humain ». « Eduquons les générations futures à la discipline et à la rigueur de la production industrielle tout en facilitant les expériences et autres expérimentations » (chef d’entreprise dans l’industrie en Bourgogne Franche-Comté disposant d’entre 10 et 49 salariés).

 

PROPOSITIONS : amplifier l'effort de formation

  • Rendre obligatoire au cours du parcours scolaire au moins un stage dans une entreprise industrielle pour faire découvrir la richesse et la diversité des métiers.
  • Valoriser et développer les filières formant des techniciens opérationnels.
  • Proposer un référentiel commun et intangible de formation sur les langages de programmation informatique.
  • Renforcer l'attractivité des PME industrielles en allouant des aides à l'emploi d'alternants sous condition de tailles des entreprises.
  • Favoriser la mobilité des jeunes recrues en facilitant leur accès à des voitures écologiquement acceptables mais destinées à la casse afin de leur permettre de se rendre sur leur lieu de travail (sites industriels).

 

PROPOSITIONS : baisser la fsicalité de production et poursuivre la démarche de simplification

  • Renforcer les avancées de la loi Pacte en matière d'incitation à l'investissement des Français dans les entreprises non cotées (économie réelle).
  • Renforcer les moyens des opérateurs (pôles de compétitivité, CCI, CMA etc.) et leurs responsabilités afin qu'elles facilitent l'accès aux programmes nationaux ou européens dédiés à la recherche et l'innovation.
  • Encourager les entreprises qui ont eu du succès avec un projet d'innovation à épauler un autre projet similaire pour créer du réseau et provoquer un « effet boule de neige ».
  • Ajuster les modalités de l'inscription de privilège par l'Etat ou la Sécurité sociale par le tribunal de Commerce en cas de difficultés.
  • Donner l'accès aux entreprises à tous les fichiers déclaratifs des banques qui conditionnent la notation Banque de France et qui sont totalement opaques.
  • Imposer aux activités d'assurance-crédit la nécessité d'informer les entreprises de la note qu'elles leur attribuent et de ses modifications.
  • Ajuster les modalités de refinancement des banques pour permettre aux entreprises cotées 5 ou 5+ par la Banque de France d'accéder néanmoins au crédit (ce qui est exclu dans les conditions actuelles).

 

PROPOSITIONS : Accélérer la transition énergétique

  • Favoriser la relocalisation en Europe et en France de la production industrielle apparaît comme le premier levier permettant d'accélérer la décarbonisation de l'industrie.
  • Flécher une part significative des revenus des quotas de CO2 en soutien aux projets innovants des industries et des territoires en matière de neutralité carbone.
  • Inciter davantage à l'autoproduction et l'autoconsommation énergétique tant chez les entreprises que chez les particuliers.
  • Favoriser les circuits de proximité.
  • Mise en place d'un référentiel, outil d'évaluation du niveau de transformation des entrepreneurs appelé indice de la transition énergétique.
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